Mes bouquins

Vendredi 1 décembre 2006

Harada, célèbre scénariste de séries télévisées, est séparé de sa femme et de son fils. Il vit maintenant tout seul, à quarante-sept ans, dans son appartement professionnel situé dans une résidence abritant des bureaux, déserte la nuit. Cet isolement volontaire au cœur de Tokyo au cours de cet été torride marque pour lui le début d’une errance intérieure qui le conduit à renouer avec son passé.

Dans ce repli du temps, propice aux dialogues avec l’invisible, quand dans un rêve éveillé les fantômes de ses parents disparus le retiennent vers un paradis perdu, chimère ou réalité, l’amour de Kei qui tente de le ramener à la vie, dissipera les dernières illusions de la nuit.

 

Après une carrière prolifique de scénariste pour la télévision, le cinéma et le théâtre, Yamada taichi, né en 1934, a écrit des essais et des romains qui ont connu un grand succès au Japon ? Présences d’un été  (Ijin-tachi no natsu) a reçu en 1988 le populaire grand prix Yamamoto Shuguro et a été adapté au cinéma

 

 

(Au printemps dernier)

 

Lors de mes pauses de midi, ou j’arpentais les rues du 14ème, je suis tombée, par hasard sur un petit libraire d’occas, rentrant dedans, n’ayant plus de livre à lire durant mon trajet ou pour me tenir compagnie le soir, je décidais d’y entrer, sans grand espoir de trouver des auteurs japonais.

 

Quelle ne fut pas ma surprise en voyant cacher au milieu de ce bric-à-brac de livres, une petite étagère, avec une inscription à peine lisible : littérature asiatique. Après un premier coup d’œil, mon espoir se dissipa et laissa place à un sentiment de déception.

 

En effet, il n’y avait, à première vue, que des bouquins sur les maths, la physique, que des trucs auxquels je ne pige absolument rien. Et question compagnon de soirée, c’est pas ça.

 

Je décidais donc, de regarder de nouveau, et là, enfin des livres qui me parlaient.

 

Le 1er à me plaire, fut « Présences d’un été ». Contente de mon achat, et voulant le commencer tout de suite, (il me restait du temps avant de reprendre) je me posais sur un banc, dans un petit parc près de mon taf.

En reprenant le boulot, je n’avais qu’une hâte, terminer, terminer ce boulot de merde, pour me replonger dans ma lecture.

 

Ce livre n’est que poésie, rythmé, sans fioritures, ni détails assommants, il va à l’essentiel et nous touche. L’auteur nous conduit malgré nous, à nous interroger sur nos liens avec les gens que nous aimons. Sur l’impact qu’ils ont sur nous, sans même nous en rendre compte.

 

Ici Harada, perd ses parents à l’âge de 12 ans. Il apprend à vivre sans eux. Et ne se pose plus de question. Il construit sa vie, et perd femme et enfant.

 

Reclus, dans son appartement, quasi fantomatique, pas de bruit le soir, aucune présence sauf le sienne, période de recueillement et de mémoire envers les morts, tous les ingrédients sont là pour une introspection. (ainsi que la matérialisation des  désirs inconscients).

 

Et cette introspection le guide vers ses parents, ceux dont il n’avait plus besoin, ceux qui ne représentaient plus rien pour lui, juste un vague souvenir d’enfance.

 

Ce qu’il pensait ne plus avoir besoin, il le recherchera avec frénésie, au risque d’y laisse sa propre vie.

 

Et cette jeune femme Kei, seule, troublée, blessée au plus profond de son âme, apparaît un peu comme par magie, dans cette résidence fantomatique.

 

Les liens que nous avons sont ils de simple illusions créent pour nous rassurer, sur notre propre existence. Ou sont-ils authentiques ? Les sentiments qui nous animent envers les êtres aimés ou détestés, sont ils nécessaires pour garantir que la vie bat en nous ? Ou est ce réellement quelque chose d’incontrôlable, donné sans retenue ni contrepartie ?

 

Ce livre nous dit tout simplement, qu’il est difficile de vivre, d’exister sans l’amour, ici de ses parents perdus si tôt, sans les avoir vraiment connus, ce besoin d’amour maternelle, ce besoin de mots, de geste, de tendresse et d’affection qui nous animent tous.

 

Il nous livre aussi une chose essentielle : dire ce que nous pensons, ressentons pour quelqu’un, ne pas attendre qu’il soit trop tard. Montrer par un geste, un regard, un mot… que certaine personnes nous sont chères, pour Harada, c’était sa femme et son fils. Cette femme qu’il a quittée (bon elle était bien contente que la décision vienne de son mari, pas traumatisée pour un sou Madame Harada) et ce fils qu’il perd peu à peu.

Harada, à perdu tout lien avec son fils, tout dialogue avec sa femme, ce périple entre la vie et la mort, pour retrouver cette douce sensation d’amour, le conduira à changer, il sortira métamorphoser de cette aventure.

 

Et cette jeune femme mystérieuse, meurtrie par la vie, ne se sentant qu’à demi-femme, qui est-elle au juste ? Pourquoi se prend-elle d’un amour aussi violent, et entier pour cet homme qu’elle ne connaît pas ? Que cache cette protection absolue qu’elle lui voue ?

 

Tout ca pour dire que j’ai vraiment aimé ce livre et cet auteur, je suis terriblement peinée de constaté que c’est le seul ouvrage de Yamada Taichi de traduit en français.

 

J’ai beaucoup de mal à comprendre pourquoi d’ailleurs. C’est terrible quand même de savoir que d’autre de ses bouquins sont traduis en anglais et non en français.

 

Je ne veux pas faire ma méchante ou ma chauvine, mais la langue française est vachement plus riche et permet un plus large éventail dans les traductions.

 

Bouh. Ca reste mon avis, (mais bouh quand même), ainsi que ma perception de Présences d’un été, et encore, j’ai tellement de choses à raconter dessus !!

 

Par grazou
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